Vache

Des vaches dangereuses

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Le bonheur est dans le pré mais le danger y est tout autant. Ni lions, ni ours blancs en embuscade le long des itinéraires de randonnée pédestre du canton de Neuchâtel mais des vaches d’apparence bien paisibles.

De nature curieuse, vaches et génisses recherchent la proximité avec le promeneur. Jusque-là, rien de bien méchant. Il faut tout de même se méfier des vaches fraichement mises à l’herbe. Trop contentes de recouvrer la liberté, elles cavalent en tous sens et peuvent vous bousculer sans intention malveillante. Le danger majeur vient surtout des vaches allaitantes accompagnées de leurs rejetons. Elles sont aussi agressives que les femelles de bœufs musqués pour prendre un exemple dans le monde de la vie sauvage, ce qui n’est pas peu dire. De Chaumont au Mont-de-Buttes, de Lignières à Pouillerel, les vaches allaitantes sont de plus en plus nombreuses dans les pâturages et les taureaux ne sont pas de reste. En effet, ces derniers sont de moins en moins reclus dans les étables et vivent au grand air. « Il y a quelques années, 80% des bêtes vivaient attachées contre 40% aujourd’hui » relève Yann Huguelit, directeur de la Chambre neuchâteloise de l’agriculture.

Cette nouvelle réalité s’explique en grande partie par l’augmentation du cheptel des vaches mères au détriment des laitières et des grandes cultures. Ce sont les conditions économiques qui ont poussé un certain nombre de paysans vers l’élevage plus lucratif des vaches allaitantes. Le risque pour les promeneurs est donc plus marqué. Les deux derniers accidents survenus ces dernières années dans le canton en témoignent même si le comportement des promeneurs n’a pas toujours été adéquat. Sur le versant sud du Soliat, une dame a été méchamment bousculée par une vache, nécessitant son évacuation par hélicoptère et à la Vue des Alpes, un randonneur accompagné de son chien tenu en laisse s’est fait attaquer.

Les signalements des vaches agressives sont de plus en plus fréquents à parvenir aux oreilles de « Neuchâtel Rando » qui collabore maintenant avec les paysans afin de trouver des solutions. Ces derniers détournent par exemple des sentiers pour éviter des accidents mais des randonneurs prennent parfois des raccourcis en passant tout droit à travers champs et prennent des risques inutiles.

Le respect de certaines recommandations en présence d’une vache allaitante ou d’un taureau peut vous sauver la vie. Les règles à suivre : il faut, avant de traverser un champ, s’assurer qu’il n’y ait pas de vaches allaitantes et de taureaux en vue et si faire un détour n’est pas possible, ne pas approcher les bêtes à moins de 50 m. Si un taureau reste dans le troupeau de vaches, il n’y a pas de soucis mais s’il le quitte, le risque devient plus important. N’attendez pas qu’il se mette à gratter le sol ou à beugler pour vous éloigner. Un randonneur peut se promener en compagnie de son chien mais celui- ci doit être tenu en laisse. Si un bovin devient très menaçant, il faut alors lâcher le chien pour éviter la confrontation. Si l’affrontement est inévitable, l’agresseur peut être repoussé par un coup de bâton ferment asséné sur le museau. Mais le meilleur moyen de ne pas se trouver nez à nez avec un bovin agressif est de ne pas sortir des sentiers. Une attitude que les paysans apprécieront d’autant plus que leurs champs de foin sont régulièrement piétinés par des promeneurs irrespectueux.

A.P. (Extrait de presse 2015)